Conférence du district 1640 du Rotary, au Havre. Le moment fort en fut l’intervention de l’amiral Bernard Rogel.
Ancien commandant de sous-marins nucléaires, ancien chef d’état-major de la Marine, puis chef d’état-major particulier des présidents François Hollande et Emmanuel Macron : l’amiral Rogel parle des ruptures stratégiques avec l’autorité de celui qui les a vues arriver depuis le sommet de l’État.
Son analyse tenait en six points. Le retour des stratégies de puissance et le règne du fait accompli. La conflictualisation croissante des espaces communs — mer, espace, cyberespace. L’âge de l’impatience et l’accélération du temps. La fulgurance technologique permanente. L’amplification des stratégies hybrides, qui prospèrent en restant sous le seuil de la conflictualité ouverte. Et le dérèglement climatique, ferment des crises de demain.
Un mot est resté : défocaliser. Ne pas céder aux réactions émotionnelles ni aux campagnes de désinformation, pour retrouver une vision stratégique fondée sur une information fiable — puis agir avec détermination. La perte d’un monopole ne signifie pas le déclin ; elle appelle la persévérance, l’audace et des risques calculés.
L’œil Nautile Conseil
Défocaliser est un mot qu’un dirigeant de PME devrait s’approprier. La difficulté n’est presque jamais de manquer d’information : c’est de distinguer celle qui mérite qu’on s’arrête de celle qui ne fait que produire de l’agitation.
