Salle Colbert, Palais Bourbon. La FMES y consacrait une conférence à ce que l’amiral Pascal Ausseur appelle un centre de gravité stratégique — où la France se trouve en première ligne.
Le constat d’ouverture était sans détour : la guerre est présente sur tous les continents, et les mers deviennent des théâtres de compétition et de confrontation. Pour la France, deuxième zone économique exclusive au monde, les conséquences des tensions dans l’océan Indien et en mer Rouge sont considérables. La Marine nationale, déjà sous forte pression avec des moyens contraints, doit désormais affronter les rivalités de puissance de la Chine, de la Russie, de l’Inde, des pays du Golfe et de la Turquie.
Estelle Youssouffa, députée de Mayotte, a rappelé que les territoires français de l’océan Indien — Mayotte et La Réunion — concentrent l’ensemble des problématiques majeures du pays : souveraineté, ressources, migration, terrorisme, crises climatiques.
Pierre Razoux, directeur académique de la FMES, a décrit une zone où les États-Unis cherchent à sécuriser le contrôle des flux d’hydrocarbures tout en surveillant l’Iran, la Russie et la Chine. Karina Piña, de l’IRSEM, a montré comment la stratégie chinoise du collier de perles et le port de Djibouti — capable d’accueillir des sous-marins — traduisent une volonté de s’imposer face au rival indien.
La conclusion des intervenants converge : la France doit faire de sa présence historique dans cette région un levier d’influence, dans une approche multilatérale et de multi-alignement.
L’œil Nautile Conseil
Une part considérable de ce qui entre dans vos usines a traversé cette zone. Les tensions y produisent des effets très concrets : délais allongés, surprimes d’assurance, contournements de route. Une cartographie des dépendances sérieuse remonte jusque-là.
