Amphithéâtre Foch, École militaire. Les pionniers français de l’intelligence économique et une génération de praticiens réunis pour une même question : que fait-on, désormais, de cette discipline ?
Après le rapport Martre et le rapport Carayon, ce colloque revenait aux fondamentaux de l’intelligence économique en France — pour mieux mesurer les champs qu’il lui reste à investir. Quatre tables rondes, réunissant Alain Juillet, Christian Harbulot et Bernard Carayon aux côtés de décideurs publics et privés.
Le vice-amiral d’escadre Arnaud Coustillère a posé le cadre : il faut se préparer à l’incertitude et à l’ambiguïté, face à trois lignes de force — la cybercriminalité, les tensions géopolitiques et la guerre économique. Elles s’exercent par attaques informationnelles ou physiques, prédation des données, espionnage, extraterritorialité des lois.
Une conséquence pratique, souvent sous-estimée : le choix des partenaires relève du comité exécutif. Il ne s’agit plus d’un arbitrage d’achat, mais de protection des intérêts stratégiques.
Emmanuel Chiva y a annoncé la création du Campus OSINT, pôle d’excellence destiné à fédérer les spécialistes publics et privés, à expérimenter des solutions et à former aux outils du renseignement en sources ouvertes.
La formule de clôture est restée : « Osons passer du statut de proie à celui de prédateur. »
L’œil Nautile Conseil
La donnée est devenue un système d’arme. C’est précisément ce qui rend l’intelligence économique pertinente pour une PME : elle éclaire la guerre économique en termes concrets — dépendances et interdépendances, logiques de réseau et d’influence. Comme le rappelait Alain Juillet, le patriotisme économique nourrit tous nos concurrents ; alliés et partenaires peuvent devenir adversaires sur certains dossiers.
